Récit de Laura

Laura est une jeune Péruvienne qui est arrivée à Marseille en 2018 pour poursuivre ses études d’ingénierie en master, après avoir passé sa licence à Lyon.

Arrivée en France ; Parcours universitaire

Je suis arrivé en France en 2015  pour faire ma licence en étude d’ingénierie. J’ai vécu trois ans à Lyon, puis je suis venu à Marseille pour continuer mes études d’ingénieur. J’ai donc terminé mon diplôme de master ici, puis j’ai enchaîné avec un travail dans une grande compagnie de transport maritime à Marseille. J’ai commencé à travailler dans cette entreprise à la fin de mes études comme stagiaire. Ensuite, j’ai été embauché assez facilement, parce que ma manageuse, avec qui je travaillais pendant mon stage, est tombée enceinte. Puisqu’elle partait, elle m’a donc proposé de continuer directement après mon stage.

Changement de statut : Du titre d’étudiant au statut de recherche d’emploi

Mais pour être recrutée après mes étude, je devais renouveler mon titre de séjour et puisque je n’étais plus étudiante, je devais demander un statut de recherche d’emploi. Et ça a pris une ou deux semaines. Avant, pour renouveler mon titre d’étudiant, tout se faisait en ligne : j’envoyais mon dossier et je recevais le récépissé le même jour. Mais pour le changement de statut, il fallait envoyer le dossier par la poste, et cela a retardé la procédure.

Recrutement dans une entreprise multinationale ; difficultés rencontrées après les études

Finalement, j’ai été recruté, mais j’ai démissionné après trois ans. J’ai eu des problèmes avec l’ambiance dans l’entreprise. J’entendais des phrases racistes, ce qui me dérangait beaucoup. Dès le début, à la fin de mon entretien d’embauche, j’avais été très clair par rapport à cette question : J’avais dit que je voulais travailler dans cette entreprise parce qu’elle est internationale et elle est présente dans 160 pays, et qu’elle recrute beaucoup d’étrangers; je leur ai dit que pour moi c’était important qu’il n’y ait pas de racisme. Mais ils m’ont répondu : « Ne vous inquiétez pas…  il n’y as pas de racisme contre les Latino-Américains, mais contre d’autres personnes… » ils faisait allusion aux Africains en général… En plus de ça, je n’aimais pas l’ambiance de travail hyper hiérarchisé dans cette entreprise multinationale : avec une amie qui travaillait dans la même entreprise, nous étions moins bien payés que d’autres collègues. Même ma manageuse, qui avait de l’expérience et un poste important, était moins bien payée que certains managers hommes qui avaient le même poste. Et finalement, on m’avait dit que je ne pouvais pas avoir un statut de salarié si je ne travaillais pas dans un domaine de l’ingénierie c’est-à-dire un domaine en lien avec mon diplôme.

J’avais aussi besoin de faire une pause, parce que j’étais en burn-out. J’avais enchaîné mes études et le travail sans m’arrêter. J’avais l’impression de ne pas avoir choisi ma vie : Je ne voulais pas forcément venir en France ni faire des études d’ingénieur, mais je suis venue en France, j’ai fait mes études en ingénierie et j’ai travaillé pour une entreprise multinationale. Bref, j’ai travaillé trois ans et demi, puis j’ai démissionné.

Aujourd’hui, cela fait six mois que je suis sans emploi et toujours en recherche. C’est devenu compliqué. Je cherche un poste en ingénierie, je me suis inscrit à France Travail, mais soit je n’ai pas de réponse, soit j’ai des réponses négatives. À l’école d’ingénierie, on nous disait que la durée maximum pour trouver un emploi dans ce domaine serait trois mois, mais maintenant ça fait déjà six mois et je n’ai rien trouvé.

Quand je postule pour d’autres types de postes, on ne me prend pas parce que j’ai un diplôme d’ingénieur. J’ai l’impression que pour trouver un travail, les contacts sont très importants.

L’intégration universitaire en tant qu’étudiant étranger et le racisme ; « Pourquoi ils n’ont pas voulu mes brownies… ? »

Quand je suis arrivé en France, je parlais déjà français. J’avais un niveau B2. À Polytech Lyon, il y avait beaucoup d’étudiants étrangers, et on était obligés de suivre des cours de français. J’y participais aussi à l’université. C’était une période difficile. Les études d’ingénieur demandent déjà beaucoup d’efforts, et les faire en français rendait les choses encore plus compliquées.

C’était compliqué surtout que l’idée de poursuivre mes études en France ne venait pas de moi. C’était plutôt le choix de mes parents. Moi, je ne voulais pas vraiment, mais j’ai fini par accepter.

À l’INSA de Lyon (Institut National des Sciences Appliquées), il y avait plusieurs filières. Moi, j’étais en AMERINSA, où il y avait moitié d’étudiants latino-américains et moitié d’étudiants français. Il y avait aussi ASINSA, avec des étudiants asiatiques et français, et EURINSA, où les cours étaient en anglais. Quand je suis arrivé, j’étais donc en AMERINSA, avec d’autres Latino-Américains et des Français qui avaient choisi cette filière pour échanger avec les latinos. Mais même dans ce contexte, il y avait quand même pas mal de remarques racistes, de la part de certains étudiants, et parfois même de certains professeurs. ça a rendu mon expérience universitaire à Lyon assez difficile.

Franchement, je pense que mes années à Lyon ont été parmi les plus dépressives. C’était le début de ma vie d’immigré, j’étais seul, j’avais 18 ans. Je trouvais les gens à Lyon assez froids. La météo jouait aussi un rôle : parfois il faisait très chaud, parfois très froid. Mais surtout, je ressentais une certaine distance avec les gens. J’avais l’impression de faire beaucoup d’efforts pour me faire des amis français, mais je n’y arrivais pas. Pourtant, je parlais déjà français. Certains de mes amis étrangers ne parlaient pas la langue en arrivant, mais pour moi ce n’était pas le problème. Malgré ça, c’était difficile de créer des liens avec les Français.

En revanche, c’était beaucoup plus simple avec d’autres étrangers : des Marocains, des Algériens etc. Je ne comprenais pas pourquoi les Français semblaient plus distants. Je ne comprenais pas pourquoi ils n’étaient pas curieux d’en savoir plus sur moi ou sur mon pays, alors que je venais d’un autre continent. Même avec des étudiants latino-américains d’autres pays, comme la Colombie, on était curieux et on se demandaient beaucoup de questions et ça donnait l’occasion de nouer un lien. Je me demandais si les français étaient timides ou s’ils voulaient simplement respecter mon espace…. Je n’ai jamais compris. Je me sentais donc plus à l’aise avec les Latino-Américains ou avec d’autres étrangers.

Je me souviens aussi d’une expérience à Marseille, à l’école d’ingénieur. Une fois, j’avais apporté des brownies faits maison pour un travail de groupe. Seuls des étudiants marocains ou algériens en ont pris. Les Français n’y ont même pas touché. Quand je rapportais des produits du Pérou, ils n’y touchaient pas. Je peux comprendre que certaines choses paraissent inhabituelles, mais même des choses simples, comme du chocolat, ils ne les prenaient pas. C’est quelque chose qui m’a marqué quand-même et que je trouve encore étrange.

Pourquoi ils n’ont pas voulu mes brownies… ?

Faire face au racisme et aux stéréotypes en milieu universitaire

À l’école, j’ai été confronté à des remarques racistes, surtout à Lyon, parfois même de la part de professeurs. Dans l’école d’ingénieur, il y avait souvent l’idée que les Européens sont plus intelligents. Et parfois, même nous, en tant que non-Européens, on peut finir par croire qu’on est moins intelligents. Il y a aussi des stéréotypes très forts : que les personnes avec des traits indigènes seraient moins intelligentes ou moins belles, et que les personnes blanches seraient plus intelligentes et plus belles.

Je pense que ces idées jouent un rôle important dans la reproduction du racisme. C’est lié à l’éducation, et peut-être aussi à une continuité de la pensée coloniale. Il y a encore des logiques héritées de la colonisation dans certaines façons de penser, et ça demande un travail pour les déconstruire.

À Lyon, j’ai entendu plus de commentaires racistes. Par exemple, certains professeurs disaient que les Latino-Américains n’étaient pas très doués pour les sciences. A INSA de Lyon, pour chaque cours, les notes des français et les notes des latino étaient séparés et au lieu de donner une moyenne générale, on donnait la moyenne des étudiants français et celle des Latino-Américains.

Quand on arrive jeune, on ne comprend pas toujours l’impact de ces remarques. J’entendais des choses comme : en Amérique latine, il n’y pas d’eau, pas d’électricité, il y a des lamas, et que tout le monde est pauvre. Bien sûr, ça me faisait mal. Parfois je pleurais, parfois j’étais en colère. Avec le temps, on comprend que ce sont des préjugés. On apprend à ne plus prendre ces remarques personnellement. On apprend aussi à comment réagir. Moi, j’ai commencé à mieux connaître mon identité, mon pays, mon histoire, et ça m’a aidé à faire face à ce type de comportements. Il ne faut pas les prendre personnellement, parce que souvent, les gens ne savent pas de quoi ils parlent.

Avec le recul, je pense que nous étions trop jeunes pour venir étudier seuls dans un pays étranger comme la France. Je me sentais vraiment seule, et je pense que beaucoup d’étudiants étrangers ressentaient la même chose. On ne savait pas toujours comment gérer la situation. Pendant les vacances d’été, les Français rentraient chez eux, mais nous, on restait ici. Certains devaient aussi travailler en parallèle.

J’aurais aimé avoir plus d’accompagnement pour faire face à tout ça.

Arrivée à Marseille et l’intégration culturelle

Après deux ou trois ans, j’ai quand même réussi à me créer un cercle d’amis à Lyon. C’est pour ça que je voulais y rester pour faire mon master. Mais je n’ai pas été accepté à l’INSA de Lyon. En revanche, j’ai été accepté à Marseille, donc j’ai déménagé.

À Marseille, j’ai trouvé plus de similitudes avec mon pays. Les gens sont plus ouverts, ils n’ont pas peur de parler avec des inconnus ou de poser des questions. Mais il faut dire aussi que j’avais déjà plus d’expérience. Après trois ans à Lyon, je comprenais mieux la culture. Avant, je prenais parfois les choses personnellement, et j’étais aussi très jeune.

Quand je suis arrivé à Marseille, j’avais 21 ans et déjà plus d’expérience. Et aujourd’hui, Marseille reste ma ville préférée en France. Je trouve les gens plus chaleureux. C’est une ville portuaire, avec une longue histoire d’immigration, et elle est ouverte sur la Méditerranée. On y trouve beaucoup de cultures différentes, donc ce n’est pas étrange de voir des étrangers à Marseille et les étrangers font parti de l’histoire de cette ville.

 

Les communautés latinos à Marseille

Quand je suis arrivé à Marseille, il n’y avait pas beaucoup de communauté latino organisée autour de la politique, la culture etc. Mais aujourd’hui, c’est différent. Il y a des soirées toute la semaine, alors qu’avant c’était plutôt une fois par mois. La communauté est plus visible, plus organisée, et ce n’est pas difficile de trouver des événements ou des soirées.

Peut-être que c’est pour ça que certains migrants latino-américains, même en dehors du cadre universitaire, préfèrent habiter à Marseille plutôt que dans d’autres villes en France. À Marseille, on ressent davantage l’esprit de communauté que l’individualisme. Je pense par exemple au quartier de Noailles. J’ai une amie qui habite rue de l’Arc, et là-bas, en été, les voisins organisent des soirées, il y a une ambiance très conviviale, les gens discutent entre eux, échangent…

Trouver un logement à Marseille

Quand j’ai été accepté à l’université à Marseille, c’était en juin, et j’ai demandé un logement au CROUS. On m’a répondu que c’était déjà trop tard et qu’il n’y avait plus de places. Comme j’avais fait un stage technique à Lyon, j’avais un peu d’économies. Je me suis donc dit que j’allais rester deux semaines dans un Airbnb, le temps de trouver quelque chose, parce que je ne connaissais personne à Marseille.

Finalement, je suis resté dans un Airbnb assez cher. Puis le propriétaire m’a dit que sa mère avait un appartement pas très loin de mon campus, dans le 13e arrondissement, et que je pouvais louer une chambre chez elle. J’ai donc loué cette chambre pour 300 euros et j’y suis resté un mois. Ensuite, j’ai trouvé une résidence étudiante près de la gare Saint-Charles. C’était une résidence internationale, un peu plus chère, mais avec beaucoup d’étudiants étrangers. Je n’étais pas très à l’aise chez la dame chez qui je logeais, d’une part parce que c’était loin du centre, et d’autre part parce qu’elle me disait toujours de faire attention, de ne pas rentrer tard le soir, etc.

Après la résidence universitaire, avec des amis que j’avais rencontrés à Marseille, nous avons loué un appartement en colocation. On l’a trouvé sur Facebook, dans un groupe qui s’appelait “La carte des colocs”. Une amie avait trouvé l’annonce. Avec une amie mexicaine et une autre amie française, dont les parents ont accepté d’être garants, nous avons loué cet appartement. Avant ça, pour le garant, j’utilisais le dispositif Visale.

Associations et événements culturels pour la communauté latino à Marseille

En ce moment, je suis bénévole dans une association qui s’appelle La Colorada Marsella, qui se trouve à la rue Consolat. C’est une association latino-américaine qui propose des événements toutes les semaines. On invite des artistes, on organise des expositions, des ateliers de cuisine, etc. C’est un lieu où tu peux rencontrer beaucoup de personnes qui comprennent ta culture. Tu peux parler espagnol, te faire de nouveaux amis. C’est surtout un espace pour la communauté latino, mais aussi pour créer des liens avec des Français qui vivent à Marseille. En général, ils sont intéressés par la culture, donc ils viennent avec un esprit ouvert, pour rencontrer des gens et aussi améliorer leur espagnol. C’est un espace convivial et respectueux.

Il y a aussi d’autres associations latino-américaines qui organisent des événements. Au début, c’étaient surtout des soirées, des fêtes ou des concerts, mais maintenant il y a de plus en plus d’événements culturels. Par exemple, il y a Rico Latino, qui propose des cours de français gratuits et un accompagnement. Quand tu arrives en France et que tu ne sais pas comment gérer les papiers ou les aides sociales, ils peuvent t’aider et te guider. Ils organisent aussi des événements culturels autour de la musique et essaient de représenter différents pays, ce qui est vraiment bien. Par exemple, ils proposent des soirées brésiliennes, mais des vraies soirées, avec des DJ brésiliens et de la nourriture brésilienne. Ce n’est pas comme certaines soirées commerciales où tout est mélangé et où, par exemple, on sert des tacos qui n’ont rien à voir avec les vrais tacos mexicains.

Malheureusement, certaines cultures, comme la culture brésilienne, sont parfois très commercialisées. Par exemple, certaines touristes vont dans les favelas au Brésile, filment des favelas, sans vraiment comprendre la réalité sociale et les inégalités qui existent là-bas. Parfois, les touristes profitent de cette pauvreté pour créer du contenu…

On peut dire que certaines cultures subissent les effets du capitalisme. Par exemple, le festival Delta à Marseille a choisi cette année le thème du carnaval de Rio. Mais je ne suis pas sûre qu’il y ait des Brésiliens impliqués dans l’organisation, alors qu’il y a une grande communauté brésilienne à Marseille. Ce serait plus respectueux de les inclure et de représenter leur culture de manière plus authentique, et moins commerciale.

Il y a aussi le collectif RAKATA, un collectif queer latino-américain, qui organise des soirées autour de la musique latino-américaine. Ils proposent aussi des performances et abordent des questions politiques, en lien avec la situation actuelle en Amérique latine.

Étudier en France : expériences et recommandations pour les jeunes étudiants étrangers

Pour les jeunes qui veulent venir poursuivre leurs études en France, après avoir vécu dix ans ici, je dirais que le mieux est de venir pour faire un master. Je conseille de terminer sa licence dans son pays, puis de venir en France quand on a un peu plus d’expérience. Faire toute sa licence ici peut être compliqué, surtout quand on est très jeune. Si tu fais déjà ta licence dans ton pays, tu évites une période de forte pression et de stress. Je me souviens qu’à Lyon, il y avait deux étudiants qui ont tenté de se suicider à cause de la pression et du stress à l’école.

Aussi, si c’est possible, je conseille de rentrer de temps en temps dans son pays.

Il faut savoir qu’il existe des bourses et des aides sociales, même si on ne sait pas toujours combien de temps ces dispositifs vont rester. Il y a aussi l’alternance, c’est-à-dire la possibilité de travailler et d’étudier en même temps. Moi, je ne savais pas que ça existait à l’époque, mais c’est une bonne option.

Pour construire un réseaux, Il faut savoir qu’une fois que tu entres dans la communauté brésilienne d’étudiant, tu as accès à un grand réseau. Et ça vaut vraiment le coup de s’y intéresser, parce qu’ils se connaissent tous, non seulement à Marseille, mais aussi dans toute la France. Parce que les étudiants brésiliens qui viennent en France gardent leurs réseaux et continuent à les développer et ils continuent à partager les informations et leurs expériences. Du coup, c’est une vraie ressource très riche. Moi, j’étais vraiment content de rencontrer un ami brésilien, parce que ça m’a beaucoup aidé. Ensuite, quelqu’un m’a ajouté dans un groupe WhatsApp où il y avait des étudiants latino-américains.

Ensuite, c’est très important d’avoir des amis français, mais aussi de trouver sa propre communauté et de garder un lien avec son pays, sa culture et sa langue. Je pense que ça joue un rôle essentiel dans le processus d’adaptation.

Une chose que j’ai apprise ici en France, c’est que les Français ne vont pas forcément venir vers toi et qu’ils ne font pas toujours le premier pas. Du coup, J’ai adapté ma manière de communiquer : Si je rencontre quelqu’un que je trouve intéressant et avec qui je pense pouvoir devenir ami, je fais l’effort d’aller vers cette personne et de commencer la conversation. Mais je pense aussi que le niveau de maîtrise de la langue joue un rôle important. Il est essentiel d’apprendre le français. Et le meilleur moyen, c’est de parler. Même si ce n’est pas toujours facile, même si certaines personnes attendent que tu parles parfaitement, il faut oser. Il ne faut pas avoir honte. Si tu as un accent, ce n’est pas grave. Si tu ne sais pas comment dire quelque chose, tu peux trouver une autre manière pour dire la même chose. C’est comme ça qu’on apprend la langue. On peut apprendre la langue sur Internet, bien sûr, mais il faut surtout pratiquer et y consacrer du temps pour apprendre le français. Je pense apprendre le français en France est indispensable. Par exemple, à Amsterdam, il est possible de vivre sans parler néerlandais, mais en France, ce n’est pas le cas. Le français est nécessaire pour trouver un travail, se faire des amis et ne pas rater des opportunités.

 

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