Récit de Lamine

Je m’appelle Lamine, je viens de Sierra Leone et j’ai 16 ans. 

J’ai quitté mon pays en mai et je suis arrivé en France en plein été.

Je suis parti avec mon oncle et sa femme, ils m’ont emmené en Guinée, puis on est passé par le Mali, l’Algérie, et la Tunisie, où on est resté un mois, puis on a pris le bateau qui nous a emmenés en Italie.

La séparation à Lampedusa

En Italie, j’ai été séparé de mon oncle et sa femme, à Lampedusa. A l’arrivée, il nous demandent notre nom et notre age, après deux jours un bus est venu et ils on appelé des noms, ils ont appelé le nom de mon oncle et de sa femme, et je les ai vus monter dans le bus. 

Alors j’ai demandé, parce que c’est mon oncle qui m’a emmené ici, je ne connais personne moi, j’ai demandé à quelqu’un, je crois que c’est un Nigérian qui travaille dans le camps, je lui ai dit : “Mon oncle et moi sommes venus ensemble”, il dit qu’ils ne nous emmènent pas au même endroit parce que mon oncle est un adulte. 

Je suis resté une semaine, puis un bus arrive et on appelle mon nom, je monte dans le bus, on nous emmène dans une petite ville. On se retrouve dans un camp, je ne sais plus où, un camp qui dit “Bambino Camp”, où je rencontre un autre garçon de Sierra Leone.

J’arrive à Nice, je reste dans la rue une nuit, je rencontre un homme dans un restaurant, je lui demande de la nourriture, il m’en donne, mais me dit qu’il ne peut pas m’aider, m’emmener chez lui alors il m’emmène au commissariat. 

Une fois au commissariat la police me met dans une petite pièce, je dors là-bas la nuit. Ensuite, ils appellent des gens qui m’emmènent dans un petit village où je reste 1 jour. 

La bas une des personnes parle avec moi et après ça je ne sais pas, cinq jours, ils m’emmènent à Nice, une grande ville. Ils appellent quelqu’un, je ne sais pas s’il est de Sierra Leone, mais je parle krio avec lui. Je passe un entretien avec eux aussi et après, ils me ramènent dans le village. Pendant mon entretien, on m’a demandé comment je suis parti de mon pays, j’ai tout expliqué, ils m’ont demandé beaucoup de choses. 

Après trois jours, ils me disent que la France m’accepte. Je reste encore dix jours, puis ils me transfèrent à Marseille.

Transfert à Marseille… et abandon

Au départ de Nice, nous étions deux, un Guinéen et moi, mais moi, je suis descendu et lui a pris un autre train. Une fois à Marseille, il n’y a personne pour me récupérer, je suis arrivé à la gare à 9h et je suis resté jusqu’au soir, toujours personne. Alors je sors les documents qu’on m’avait donné à Nice, mon document d’entretien et je le regarde – même si je ne sais pas lire le français – et je vois un numéro, je sais pas si c’est le numéro du bureau, mais je demande à quelqu’un d’appeler ce numéro pour moi. Il appele et c’est une femme de Nice qui lui répond, je sais pas si c’est celle avec qui j’ai passé l’entretien ; je leur dit que personnes n’est venu me chercher à la gare, on me dit qu’ils vont regarder et que je devais attendre, il était 19h alors je reste, je reste jusqu’a 20h, 21h, toujours personne alors je rappel le numéro.

La femme me dit d’aller à la police et que je donne tous mes documents au policier, je ne sais pas où est le commissariat, alors je demande à un homme pour le commissariat, il m’ammene et je donne tout mes documents au policier.

Ils appellent des gens, je ne sais pas qui ils sont, je ne les connais pas. Ils m’emmènent dans un village encore, où je reste six jours… je ne sais pas, je rencontre d’autres gens là-bas. 

Maintenant, je suis dans un hôtel à Marseille, le vrai problème pour moi c’est la langue…

Mais je vais bien, tant que les gens m’acceptent, je suis bien.

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