Récit de Kamel
Récit d’un artiste tunisien arrivant à Marseille en 2024
Quitter la Tunisie
Je suis venu en France parce que la situation politique en Tunisie était devenue très difficile. J’étais photojournaliste et je voyais progressivement avec le changement de situation que c’était une entrée en dictature. Le moment décisif, pour moi, c’est lorsque le président actuel a décidé de geler le Parlement, en 2021. Après la révolution de 2011, je n’avais pas voulu quitter mon pays. Je voulais rester, essayer de lutter, continuer à avancer chez moi et surtout continuer à travailler artistiquement. Mais en 2021, j’ai fini par me dire que la situation était devenue trop difficile et qu’il était temps de partir.
Je suis venu en France aussi parce que j’avais déjà un lien avec ce pays. J’avais fait déjà une partie de mes études à Toulouse. Entre 2013 et 2016, j’avais bénéficié d’une carte de séjour de trois ans qui étaient destinées aux artistes. À l’époque, ça ne s’appelait pas encore « passeport talent », ça s’appelait « carte compétences et talents ». Mais je voulais pas rester en France, parce qu’il se passait à cette époque et à la suite de printemps arabe, des chose tellement intéressantes et je voulais participer à la lutte dans mon pays. Après mon retour en Tunisie, j’ai continué à travailler comme photojournaliste jusqu’en 2021. Puis la situation politique m’a finalement poussé à repartir.
Un visa de court séjour pour exercer une activité artistique en France
Je n’avais pas vraiment de problème pour obtenir le visa : J’avais un groupe de musique, je jouais régulièrement et j’avais aussi une activité de photojournaliste et de photographe. A ce moment, le problème était surtout administratif. Pour obtenir un visa, il fallait obtenir un rendez-vous en Tunisie qui pouvait prendre beaucoup de temps. J’ai raté plusieurs événements en raison de ces délais. Pour obtenir un visa, il pouvait parfois falloir attendre jusqu’à deux mois et demi, alors que J’avais des invitations officielles et des événements en France.
J’ai obtenu un visa en janvier 2022 et je suis arrivé en France la même année. Le visa était valable pour trois mois, mais je n’avais pas compris qu’avec ce type de visa, si je retournais en Tunisie, je ne pourrais pas revenir en France. Je pensais pouvoir quitter la France puis y revenir, avant de comprendre que ce n’était pas possible avec ce visa. Ça m’a crée beaucoup de problèmes administratifs.
Pendant cette période en France, je faisais beaucoup de musique. Avec mon groupe, nous avions des résidences et nous avons joué dans plusieurs villes : Marseille, Paris, Bordeaux, Grenoble et ailleurs. J’ai aussi travaillé avec un autre groupe de jazz, avec des musiciens professionnels, des intermittents du spectacle etc.. Je faisais des tournées avec eux.
S'installer à Strasbourg : le travail précaire
Puis, je me suis installé à Strasbourg. Mais mon titre de séjour était déjà périmé. Je travaillais dans un tiers-lieu. J’ai commencé comme serveur dans un bar, puis je suis devenu référent et finalement responsable du bar. La personne qui dirigeait cet endroit était violente et exploitait les personnes sans papiers. Il m’est arrivé de travailler jusqu’à seize heures par jour. Je partais travailler tous les jours et je faisais environ cinq kilomètres à vélo pour l’aller-retour. Les personnes qui étaient recrutées là-bas étaient principalement des personnes racisées, comme on dit, des personnes issues de l’immigration ou des personnes sans papiers. Les personnes sans papiers étaient moins payées que les autres. Même lorsqu’il s’agissait déjà de travail illégal, les conditions n’étaient pas les mêmes pour tout le monde.
Il y avait beaucoup de problèmes et de polémiques autour de ce lieu. Finalement, j’ai décidé de partir.
Arrivé à Marseille :
Je suis venu à Marseille en novembre 2024. J’avais l’impression que Marseille pourrait être mieux que Strasbourg.
Je me suis dit qu’il y avait plus de diversité, que la ville était plus cosmopolite et qu’il y aurait peut-être plus de possibilités de travailler. Je cherchais aussi un environnement où je pourrais retrouver des opportunités artistiques.
À la base, je connaissais déjà Marseille comme artiste. J’étais déjà venu pour des résidences et des projets musicaux avec mes groupes. J’avais donc déjà un lien avec la ville avant de m’installer ici. Bref, je pensais que Marseille pourrait m’offrir plus de possibilités, à la fois professionnellement et artistiquement. Quand je suis arrivé à Marseille, je n’avais pas de titre de séjour. J’avais seulement mon passeport tunisien. Donc, j’étais en situation irrégulière. J’avais commencé une procédure de régularisation, mais elle a été longue. J’ai déposé mon dossier et, pendant des mois, j’ai attendu sans avoir de réponse.
Quand je suis arrivé à Marseille, je n’avais pas vraiment de travail. En revanche, j’étais très motivé pour continuer à faire des expositions, prendre des photos et reprendre une activité artistique.
Je n’ai d’ailleurs jamais vraiment arrêté la photographie, que ce soit à Strasbourg ou ici. Je faisais des photos, j’organisais des expositions. ça ne me rapportait pas d’argent, mais Marseille offre plusieurs lieux où il est possible de présenter son travail. Je n’arrivais pas forcément à vendre mes photos, ce qui est assez normal au début, mais j’ai aussi organisé des événements de A à Z. Je faisais venir des artistes, des chanteurs, et je collaborais avec d’autres artistes présents à Marseille pour organiser des expositions et des événements.
Mariage et attente des papiers
Entre-temps, j’avais rencontré la personne qui allait devenir ma compagne. Nous sommes tombés amoureux, nous avons commencé une vie ensemble, puis nous nous sommes mariés. Aujourd’hui, ça fait environ deux ans que nous sommes mariés et j’attends toujours mes papiers. J’ai déposé mon dossier de régularisation et je suis encore dans l’attente d’une réponse : la procédure reste compliquée. Il faut pouvoir prouver une certaine durée de vie commune, et les démarches peuvent prendre du temps.
Le fait d’être marié ne signifie pas qu’on est automatiquement régularisé. Il faut pouvoir prouver une certaine durée de vie commune et répondre à plusieurs conditions. ça dépend des situations.
Le problème, c’est que pendant les premiers mois, j’avais beaucoup de mal à prouver mon existence en France. Je n’avais pas de compte bancaire et je ne savais pas vraiment comment fonctionner dans cette nouvelle situation. C’était la première fois de ma vie que je me retrouvais en situation irrégulière. Je ne savais pas qu’il fallait conserver certaines preuves de présence : des tickets de métro, des documents administratifs, des factures, etc.
Trouver un réseau artistique à Marseille
À Marseille, j’ai trouvé assez facilement des personnes qui travailler dans l’art. Je connaissais déjà quelques artistes et quelques amis, notamment des artistes exilés ou des personnes qui se trouvaient dans des situations similaires à la mienne. De ce point de vue, Marseille est plus accessible que d’autres villes. Il est relativement facile de rencontrer des artistes et de participer à certains projets. Mais dès qu’on parle des grandes institutions ou des projets plus importants, ça devient beaucoup plus fermé.
Pour intégrer certaines institutions, il faut parfois suivre certains codes, avoir un parcours particulier, accepter certaines manières de collaborer, présenter un projet qui correspond aux attentes de l’institution, c’est-à-dire présenter un narratif qui va avec les institutions, être dans les sujets précis… . On peut avoir le sentiment de ne pas avoir une liberté pour exposer ce qu’on veut ou organiser les événements que l’on veut.
Vivre de l’art quand on est "régularisé"
Le problème principal reste le travail. Même parmi les artistes que je connais, beaucoup ont un autre emploi ou ne vivent pas réellement de leur activité artistique. Quand on est pas régularisé et qu’on ne peut pas travailler légalement, les possibilités sont très limitées. À Marseille, la restauration devient souvent l’une des seules solutions. Et surtout quand t’es en situation irrégulière, le patron peut simplement dire : « Tu ne viens pas demain », et tu n’as aucun droit. La situation au niveau économique est très compliquée à Marseille et la précarité est très forte. Il faut accepter beaucoup de choses parce qu’on n’a aucune protection. Il existait une structure qui s’appelait, je crois, Artistes en exil, mais elle a fermé parce qu’elle n’avait pas suffisamment de financement. Je ne connais pas aujourd’hui beaucoup de structures à Marseille qui puissent accompagner spécifiquement les artistes immigrés ou exilés
Une nouvelle attente administrative
Lorsque j’ai déposé mon dossier de régularisation à Marseille, on m’a donné un récépissé qui a expiré en février. J’ai ensuite fait une nouvelle demande pour obtenir un récépissé. Le 22 avril 2026, j’ai reçu un mail qui m’informait que ma demande avait été acceptée. Mais, je n’avais rien reçu. Depuis cette date, j’attends toujours le document. (L’entretien s’est fait fin juin.)
Je vérifie régulièrement mon espace en ligne (ANEF), mes mails et mon téléphone. On m’avait indiqué que j’allais recevoir le récépissé dans les jours suivants, mais je n’ai toujours rien reçu. J’ai envoyé des mails, j’ai renouvelé mes demandes, mais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai toujours pas de réponse.
Marseille, une ville en transformation
Est-ce que je conseillerais à quelqu’un de venir à Marseille ? Je ne sais pas. Je pourrais même conseiller à certaines personnes de regarder ailleurs, parce que Marseille est aussi une ville où les conditions de vie peuvent être difficiles. Pour les artistes comme pour les autres, il existe une sorte d’apartheid invisible, notamment sur le plan économique. Il y a des personnes qui ont de l’argent et qui peuvent ouvrir des projets, alors que d’autres restent à l’écart.
Marseille est en train de changer à une vitesse énorme. Je ne sais pas comment la ville sera demain. Il existe aujourd’hui l’art officiel, avec de l’argent, des subventions et de grands événements. Mais je me demande parfois si ces événements touchent réellement la population marseillaise et notamment les populations immigrées. Est-ce qu’ils représentent vraiment la vie de Marseille ? Est-ce qu’on voit de l’art dans les quartiers défavorisés, par exemple à Noailles ? Est-ce que les personnes qui vivent dans ces quartiers ont accès à ces projets ?
Pour moi, Marseille n’est pas seulement La Plaine, au Cours Julien ou à la Friche, avec ses grands événements et ses soirées.
Il existe racisme à Marseille comme partout, mais sous les formes différentes
Marseille est souvent présentée comme une ville ouverte, cosmopolite et accueillante pour les personnes issues de l’immigration. Cette ouverture existe, notamment parce qu’il y a une grande communauté issue de l’immigration et ça rend certaines formes de racisme moins visibles. Mais ça ne veut pas dire qu’elles n’existent pas. On subit du racisme à Marseille comme ailleurs, mais il est parfois plus difficile à identifier parce que la ville est historiquement très diverse. Quand on parle de Marseille, il faut se demander de quelle Marseille on parle. Il y a une Marseille visible et une Marseille invisible, même si cette Marseille invisible est aussi visible quand on prend le temps de regarder. Il y a plusieurs réalités qui coexistent.
Il y a des personnes qui peuvent payer 700 ou 1 200 euros de loyer, qui peuvent profiter des nouvelles opportunités et des nouveaux lieux. Et puis il y a toutes les autres personnes qui vivent une réalité complètement différente. Quand on sort du centre-ville, on voit aussi une autre Marseille.
Une ville qui perd peu à peu son identité
Ce qui me rend triste à Marseille, c’est que la ville est en train de perdre progressivement ce qui faisait sa spécificité : son côté rebelle et populaire. Il y a aujourd’hui tout un travail de communication et de propagande autour de Marseille, notamment dans certains médias. Beaucoup de gens viennent avec de l’argent et avec leur propre vision de la ville. Ils arrivent avec une forme de fascination, une fétichisation de Marseille et des fantasmes sur ce qu’elle devrait être.
Quand on arrive à la gare Saint-Charles, on peut d’ailleurs voir les statues représentant l’Asie et l’Afrique. Elles rappellent aussi le rôle historique de Marseille dans la colonisation et dans les échanges avec ces territoires.
Capitalisme, gentrification et transformation des quartiers
Pour moi, la transformation de la ville est liée à plusieurs phénomènes : la politique, l’argent, le capitalisme, la gentrification et la boboïsation de Marseille. On voit apparaître de nouveaux commerces, de nouveaux projets et de nouveaux lieux qui ne correspondent pas toujours à l’identité des quartiers dans lesquels ils s’installent. Le problème n’est pas seulement esthétique. Cette transformation touche directement les habitants. Les loyers augmentent et certaines personnes sont obligées de quitter leur quartier ou leur logement. Le véritable remplacement que je vois, c’est le remplacement qui est provoqué par l’argent : des personnes plus riches, quelle que soit leur origine ou leur couleur de peau, arrivent, achètent, investissent et changent progressivement la dynamique des quartiers.
Il y a des choses qui sont en train de disparaître. Quand on écoute les personnes qui parlent du Panier dans les années 1980, par exemple, elles racontent une autre ville. Elles racontent comment leur grand-mère sortait le soir, comment les gens vivaient dans le quartier, comment les habitants se connaissaient.
Face aux transformations de Marseille
Depuis que je suis à Marseille, certains lieux m’ont particulièrement marqué. Je pense notamment à un ancien bar qui a été transformé en savonnerie. Ça s’appelait bar Vacon et il se trouvait à Noailles. Ce bar avait une véritable âme. Il y avait des habitués, des Corses, des personnes originaires des Comores, des Africains, des gens de différents milieux qui se mélangeaient et discutaient. Même l’humour et les conversations donnaient au lieu une identité particulière. C’était un endroit vivant, presque mythique.
Aujourd’hui, le lieu a été transformé en commerce. Il n’a plus le même esprit. Les anciens habitués passent devant avec nostalgie et se souviennent de ce qu’était cet endroit. Et ce n’est pas un cas isolé. Il y a beaucoup de commerces qui ouvrent à Marseille sans avoir véritablement de lien avec l’histoire ou l’esprit des quartiers. Pour quelqu’un qui arrive de l’étranger, ces lieux sont importants. Ils permettent de rencontrer les autres, de sortir de l’isolement, de discuter avec des gens. Pour moi, le Bar Vacon était l’un de ces endroits. J’avais même exposé certaines de mes photographies là-bas.
La crise du logement, la précarité es une forte présence associative
Mais la transformation de Marseille ne concerne pas seulement les commerces et les lieux culturels. Il y a aussi le problème du logement. À Marseille, il est très difficile de trouver un logement. ça touche les habitants, les personnes immigrées, les exilés etc. Il y a des personnes qui arrivent après avoir fui des guerres et qui se retrouvent complètement dans la galère une fois ici.
Sur la question du travail comme sur la question du logement, la situation est compliquée. Mais malgré tout, Marseille a un tissu associatif riche. Il y a beaucoup de personnes qui se mobilisent pour des causes justes et humaines. Humainement, il y a une vraie solidarité. Il existe donc des personnes et des collectifs qui essaient d’aider.
Travailler dans la restauration pour survivre
Personnellement, j’ai travaillé comme serveur à Marseille. L’arabe c’est ma langue maternelle et Je parle anglais et je comprends l’allemand, donc ça m’a permis de communiquer avec les touristes dans certains endroits. Mais je suis arrivé à la restauration par nécessité. J’ai travaillé dans des conditions où on est appelé pour faire des extras, parfois du jour pour le lendemain. Tu peux être payé autour de dix euros de l’heure, mais tu ne sais pas si on va t’appeler le lendemain. Du coup, ce n’est pas quelque chose sur lequel tu peux réellement compter pour construire une vie. ça te maintient dans une situation de précarité. Et puis il y a énormément de personnes qui cherchent du travail à Marseille, dans le même secteur.
J’aimerais vraiment travailler dans le social ou dans mon domaine de compétences. J’ai fait beaucoup d’études et j’ai un bac+7. J’ai beaucoup d’expériences : J’ai organisé des workshops, travaillé avec des institutions et réalisé beaucoup de projets. Mais un titre de séjour, c’est très difficile de trouver un poste qui est en lien avec ma formation et mon intérêt. Même des personnes qui ont leurs papiers et qui sont complètement en règle peuvent galérer pour trouver un emploi. Alors quand tu n’as pas de titre de séjour, la difficulté est encore plus grande. Je parle plusieurs langues : l’arabe littéraire, le tunisien dialectal, le français, l’anglais et un peu l’allemand. Malgré ce parcours et ces compétences, trouver un travail reste difficile. Au bout d’un moment ça devient vraiment fatigant.
À force de chercher, de travailler dans des conditions précaires et de devoir constamment justifier sa situation, je suis simplement fatigué.
Ce qui me manque de la Tunisie
Ce qui me manque de la Tunisie, c’est surtout une certaine tranquillité. Il y a une pression psychologique ici, notamment une qu’on l’appelle pression raciale. Quand tu es minoritaire, tu la ressens. Moi, je suis le genre de personne qui va partout. Je n’ai pas envie de me limiter : s’il y a un endroit où il y a de la musique, j’ai envie d’y aller. ça fait environ quatre ans que je n’ai pas mis les pieds en Tunisie. Évidemment, ma famille me manque.
L’art, les rencontres et la mer comme échappatoires
À Marseille, ce qui m’aide à supporter cette pression, ce sont d’abord l’art, l’amour et les choses simples. Ce sont aussi les rencontres. Parfois, tu tombes sur de bonnes personnes avec lesquelles tu peux partager des discussions, des expériences et des choses humaines. Ce sont ces petits espaces humains qui permettent de tenir. Et puis il y a la mer. La mer peut m’apaiser. Aller à la plage, aller dans les Calanques, simplement regarder la mer, ça permet de respirer un peu.
Mais même là, tu peux ressentir une forme de violence. Tu peux être à la plage et voir la police surveiller les gens, observer les comportements, et ressentir certains regards.
Quel conseil pour les artistes qui arrivent à Marseille ? « Marseille n’est pas un paradis »
Je pense que ça dépend de la pratique artistique, du réseau et de la manière dont on arrive dans la ville. Même des artistes qui sont venus de manière totalement régulière et qui ont leurs papiers peuvent galérer. Marseille est une ville qui est en train de changer très rapidement. Il y a des opportunités, mais ces opportunités ne permettent pas forcément de vivre.
Si je devais donner un conseil à quelqu’un qui arrive ici, je dirais qu’il faut avoir une sorte de moral d’acier. Il faut être fort. Parce que, le dernier rapport d’Amnistie, par exemple, il dit qu’en France, cette histoire de papier produit la dépression. Les médecins et les urgentistes disent la même chose, aussi.
La question des papiers peut avoir des conséquences psychologiques. On parle de dépression, de découragement. Je dirais qu’il faut faire attention à sa santé mentale lorsqu’on arrive à Marseille. Il faut essayer de se battre, de tenir, parce que parfois on est vraiment dans un mode de survie. Marseille n’est pas un paradis. C’est une ville difficile, une ville hardcore. Après, il y a aussi des moments de légèreté. Aller à la plage, aller dans les Calanques, rencontrer quelqu’un, discuter, rire… Ce sont ces moments-là qui permettent de souffler.
Je n’ai pas vraiment de conseil particulier à donner. Je peux seulement parler de mon expérience.