Faire face au racisme et aux stéréotypes en milieu universitaire

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À l’école, j’ai été confronté à des remarques racistes, surtout à Lyon, parfois même de la part de professeurs. Dans l’école d’ingénieur, il y avait souvent l’idée que les Européens sont plus intelligents. Et parfois, même nous, en tant que non-Européens, on peut finir par croire qu’on est moins intelligents. Il y a aussi des stéréotypes très forts : que les personnes avec des traits indigènes seraient moins intelligentes ou moins belles, et que les personnes blanches seraient plus intelligentes et plus belles.

Je pense que ces idées jouent un rôle important dans la reproduction du racisme. C’est lié à l’éducation, et peut-être aussi à une continuité de la pensée coloniale. Il y a encore des logiques héritées de la colonisation dans certaines façons de penser, et ça demande un travail pour les déconstruire.

À Lyon, j’ai entendu plus de commentaires racistes. Par exemple, certains professeurs disaient que les Latino-Américains n’étaient pas très doués pour les sciences. A INSA de Lyon, pour chaque cours, les notes des français et les notes des latino étaient séparés et au lieu de donner une moyenne générale, on donnait la moyenne des étudiants français et celle des Latino-Américains.

Quand on arrive jeune, on ne comprend pas toujours l’impact de ces remarques. J’entendais des choses comme : en Amérique latine, il n’y pas d’eau, pas d’électricité, il y a des lamas, et que tout le monde est pauvre. Bien sûr, ça me faisait mal. Parfois je pleurais, parfois j’étais en colère. Avec le temps, on comprend que ce sont des préjugés. On apprend à ne plus prendre ces remarques personnellement. On apprend aussi à comment réagir. Moi, j’ai commencé à mieux connaître mon identité, mon pays, mon histoire, et ça m’a aidé à faire face à ce type de comportements. Il ne faut pas les prendre personnellement, parce que souvent, les gens ne savent pas de quoi ils parlent.

Avec le recul, je pense que nous étions trop jeunes pour venir étudier seuls dans un pays étranger comme la France. Je me sentais vraiment seule, et je pense que beaucoup d’étudiants étrangers ressentaient la même chose. On ne savait pas toujours comment gérer la situation. Pendant les vacances d’été, les Français rentraient chez eux, mais nous, on restait ici. Certains devaient aussi travailler en parallèle.

J’aurais aimé avoir plus d’accompagnement pour faire face à tout ça.

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