Récit de Suleyman

Le parcours de vie de Suleyman à Marseille depuis l’arrivée en 2018, entre demande d’asile, travail précaire et recherche de stabilité.

Demande d’asile et refus

Je viens de Gambie. J’ai demandé l’asile en 2018 à Marseille, puis j’ai passé l’entretien à Paris (à l’OFPRA). ma demande a été refusée. Mais Comme ça fait longtemps que je suis en France et que j’ai beaucoup travaillé dans différents secteurs, j’ai rassemblé tous mes papiers qui prouvent que j’ai travaillé pendant toutes ces années. J’ai trouvé un avocat et il a déposé mon dossier pour demander un permis de séjour. Je connais cet avocat grâce à l’association Massalia Vox, mais je ne sais pas si c’est un avocat de la Cimade ou non. Quand j’ai demandé l’asile, on m’a donné l’ADA (allocation pour demandeur d’asile). Mais après la réponse négative, je n’ai plus rien reçu et j’ai travaillé au noir pour payer mon loyer.

De l’Italie à Marseille : loin de la famille

Avant d’arriver en France, j’ai passé quelques années en Italie. Mais avec autres migrants que je connaissais, nous avons décidé de venir en France parce qu’il y avait beaucoup de politiques contre les migrants, surtout quand Salvini a pris le pouvoir. En 2018, je suis venu à Marseille. ça fait des années que je suis loin de mon pays, de ma famille, et ma fille me manque beaucoup. Quand j’aurai mes papiers, je veux faire venir ma famille.

arrivée à Marseille et le collectif El Manba

Quand je suis arrivé à Marseille, je connaissais déjà quelqu’un de mon pays à Marseille. Quand je suis arrivé ici, j’ai dormi quelques jours chez lui. Le deuxième jour, il m’a dit d’aller au collectif El Manba. Je suis allé au collectif. Là-bas, on m’a expliqué où je pouvais manger, me doucher, demander l’asile et régler d’autres problèmes administratifs. Le collectif El Manba est le premier endroit où je suis allé à Marseille. Petit à petit, j’ai rencontré d’autres personnes de mon pays. Maintenant, je connais beaucoup de monde à Marseille et j’habite avec les gens que je les connais en colocation.

Travailler sans papiers

Quand je suis arrivé à Marseille, j’ai essayé de trouver du travail. On m’a parlé d’un magasin qui s’appelle La Plateforme du Bâtiment. C’est un grand magasin de bricolage et de construction. Il y a des gens qui viennent acheter des matériaux et qui cherchent des ouvriers, donc ils t’embauchent. On m’avait embauché là-bas pour différents travaux. J’ai travaillé comme charpentier et en maçonnerie dans la région. J’ai travaillé en différentes villes. j’ai travaillé à Toulon, à Nice, à Caen, etc. Si j’avais des papiers, j’aurais pu faire une formation en maçonnerie. Mais comme je n’ai pas de papiers, je peux seulement travailler comme ça.

Il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas faire sans papiers. Plusieurs fois, j’ai trouvé un travail, mais je n’ai pas pu avoir le contrat parce que je n’avais pas de papiers. J’ai travaillé chez McDonald’s, dans le ménage, comme porteur, en maçonnerie… . Mais, comme mon récépissé n’a pas été renouvelé, je n’ai pas pu avoir de contrat. Pourtant, j’aimerais avoir des papiers pour faire une formation et avoir un travail stable. Je suis fatigué de travailler comme ça, sans avenir.

Apprendre le français à Marseille

Quand je suis arrivé à Marseille, je ne parlais pas français. Je parlais anglais. La langue officielle de la Gambie est l’anglais. Je parle aussi 5 ou 6 autres langues de mon pays. Je parlais un peu italien aussi, parce que j’ai vécu quelques années en Italie avant d’arriver en France.

Pour apprendre le français, je suis allé à Massilia Vox. Là-bas, il y a des ateliers de conversation. J’ai aussi suivi des cours au collectif El Manba, au cours de français à la Friche Belle de Mai, à la Cimade et à l’association À Voix Haute.

Trouver de l’aide à Marseille

Je pense que quand on arrive à Marseille, on doit aller vers les associations pour régler nos problèmes. Moi, je pense que toutes les associations sont bonnes. Tu sais pourquoi ? Parce qu’elles sont créées pour aider les gens, c’est leur objectif. Il faut aller vers les associations, parce que ce n’est pas ton ami ou une autre personne qui peux régler tes problèmes. Il faut voir des personnes qui connaissent les démarches et ils sont là pour t’aider. Quand tu vas dans une association, tu parles de tes différents problèmes, et ils vont t’orienter vers d’autres associations qui peuvent t’aider.

"le racisme, il existe"

Le racisme, je pense qu’il existe. Dans la vie quotidienne, si tu restes seulement avec des personnes de ton pays, tu ne vois pas le racisme. Mais en général, je pense qu’il y a le racisme. Par exemple, au travail, quand tu travailles bien et le patron est content, et il dit des choses bien sur toi. Parfois, il y a des gens qui commencent à te critiquer ou à parler dans ton dos. C’est juste un exemple, mais je veux pas dire que tout le monde est comme ça.

"il faut oser demander"

À Marseille, il faut oser demander. Si tu cherches quelque chose, tu peux trouver un endroit pour régler tes problèmes. Il faut parler aux gens. Ici, les gens ont un bon comportement, ils sont gentils. Et si tu cherches, tu peux trouver une solution pour ton problème.il faut demander et aller vers la bonne association.

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