Récit de Snezana et Dzemail

Récit récolté par l’Observatoire Asile de Marseille

Snezana est serbe, Dzemail est kosovar. Ils sont arrivés au printemps 2017 à Marseille.

Début avril nous avons été à la Préfecture pour donner nos empreintes.  Ce jour là, la personne de l’OFII nous a dit que nous n’avions pas le droit à un hébergement, nous étions en procédure Dublin pour l’Allemagne. Nous sommes restés 3 mois à la rue.

Au bout de 3 mois l’Allemagne a refusé notre réadmission. La Préfecture nous a alors informés verbalement de ce refus et notre demande d’asile a été enregistrée en procédure accélérée. Nous avons redemandé un hébergement en montrant les papiers du Médecin de la PASS Rimbaud  (Dzemail a eu une opération importante en Serbie. Il est suivi par l’hôpital de la Timone).

Quand nous avons montré ce certificat médical à la Préfecture ils nous ont dit : «  Nous on a rien à voir avec ça…il faut aller à la PADA … ». Nous avons montré le certificat ils ont fait des photocopies, la PADA a gardé l’original pour faire la demande et nous a remis les copies. Nous avons pu avoir un hôtel 15 jours après avoir montré le certificat. On nous a donné d’abord un hôtel mais quelques jours après on nous a changé d’hôtel.

Le propriétaire nous a dit que nous devions partir de l’hôtel car il n’était pas assez payé pour la chambre que nous occupions, il gagnait plus quand c’était une famille avec des enfants…nous sommes resté un mois et demi dans le 2° hôtel.

Avant d’être à l’hôtel c’était très dur : chaque nuit on changeait de place pour dormir, il y avait des rats, on nous a volé nos habits…

Au début la PADA ne nous a pas inscrits pour aller au restaurant Noga… .

Quand on a été voir la première fois le médecin parce que je me sentais mal, au début il ne voulait pas me recevoir parce que je n’avais pas la CMU. Lorsque je lui ai montré mon thorax et qu’il a vu la cicatrice il a changé d’avis et il m’a pris en consultation et a accepté de me soigner. La CMU a été faite par la PASS, nous avons reçu l’attestation en août dernier et c’est grâce au médecin que nous avons pu avoir un hôtel. Depuis le début, la PADA disait qu’ils ne pouvaient rien faire parce que nous n’étions pas prioritaire.

J’avais un rdv à l’hôpital en septembre 2017, mas je n’ai pas pu y aller.

Début octobre nous avions un rdv à la PADA pour remplir le dossier de notre demande d’asile j’ai eu des problème sur le trajet, nous avons été poursuivi un par homme en scooter. Je suis tombé et j’ai fait un malaise, du coup nous sommes arrivés trop tard à la PADA. Nous avions une heure de retard et la PADA n’a pas pu faire les 2 dossiers ; seul celui de Snezana a pu être complété, il a fallu revenir à un autre rdv.

Lorsque nous sommes revenu à l’hôtel et nous avons expliqué à l’hôtelier ce qui s’était passé sur le chemin, l’hôtelier ne voulait pas comprendre, il pensait que c’était moi qui avait cherché la bagarre… 15 jours après nous n’avons plus droit à l’hôtel.

Depuis, chaque fois que nous allons à la PADA on nous dit que nous avons déjà eu 2 mois d’hébergement, et comme on n’a pas d’enfants on n’est pas prioritaires. On ne comprend pas pourquoi on nous a retiré de l’hôtel, lorsque j’ai demandé on m’a dit que j’avais eu une bagarre, « la procédure c’est comme cela et ça ne dépend pas de nous…« .

Aujourd’hui ça fait 3 mois que nous n’avons plus l’ADA. Nous avons été hier à l’OFII, ils nous ont dit que nous allions recevoir ce mois-ci pour un mois et que nous aurions les 2 mois manquants le mois suivant. Nous avons demandé à la PADA des tickets pour manger à NOGA on nous a dit qu’ils devaient vérifier après 3 jours on nous a donné l’inscription pour manger au restaurant NOGA.

Moi, (c’est Dzemail qui parle), j’ai peur d’aller à l’hôpital car je sais que je vais devoir rester pour faire des examens pour que le docteur puisse me donner un traitement, mais je ne peux pas rester à l’hôpital en sachant que Snezana va se retrouver seule, que va-t-il se passer pour ma femme qui va rester sans solution…

J’ai reçu la convocation pour l’entretien à l’OFPRA mais Snezana ne l’a pas reçue encore, la PADA lui a dit qu’il fallait attendre, elle devrait la recevoir…tout est compliqué. On a besoin d’un endroit stable pour dormir. On ne comprend pas pourquoi on n’a pas le minimum pour vivre. On doit dormir avec un œil ouvert pour voir si on ne nous prend pas nos affaires.

On a déjà la discrimination dans notre pays, pourquoi ici on est obligé de subir tout cela alors qu’on sait que l’on a des droits ?