Récit de Blessed

35 ans • Homme • Nigérian

    Récit récolté par l’Observatoire Asile de Marseille

    En Italique, les commentaires et précisions des intervieweurs, membres de l’Observatoire.

    Je suis arrivé en France fin 2016, par l’Italie. Là-bas ils ont pris mes empreintes, je suis resté dans un camps à Bari pendant 2 semaines. J’ai décidé de venir en France et je me suis arrêté à Marseille. Quand je suis arrivé quelqu’un m’a amené à la Plateforme, j’y suis allé tout de suite et ils m’ont donné un RDV à la Préfecture 6 semaines plus tard. Pendant ce temps je ne pouvais rien faire, je n’avais pas d’argent parce que j’attendais pour le rendez vous. J’ai eu droit à 1 mois au Restaurant  NOGA et après je n’avais plus rien.

    En février la Préfecture m’a placé en procédure Dublin, ils m’ont donné un papier d’1 mois, puis 4 mois, puis 4 mois puis ils m’ont donné le papier qui me disait que je devais repartir en Italie. Comme j’attendais depuis plus de 6 mois que la France décide, ils m’ont dit que je pouvais rester et je suis passé en procédure normale.

    [nda. Monsieur est passé en procédure normale parce qu’il a été accompagné par quelqu’un qui connaît bien la procédure Dublin et qui a insisté pour que la Préfecture le passe en procédure normale car les 6 mois étaient passé. Dans un premier temps la Préfecture voulait lui faire signer le papier précisant qu’il acceptais de partir en Italie alors que les 6 mois étaient passés. Il a refusé. Il a attendu une heure puis la Préfecture a demandé de signer le papier encore. L’homme qui l’accompagnait à insisté en disant qu’il ne signerait pas… Finalement, après avoir attendu quatre heures à la Préfecture, il est reparti avec une attestation de demandeurs d’asile en procédure normale (en octobre 2017).]

    Moi je ne connais rien, je ne savais pas mes droits, si je n’avais pas eu quelqu’un pour m’aider j’aurais signé le papier, je ne savais pas que j’avais le droit de demander l’asile, personne ne m’avait dit tout ça…

    Depuis que je suis là je n’ai pas de solution d’hébergement. Je suis resté 5 mois a la Madrague… là bas ils sont fous les gens… après j’appelle le 115 et ils disent qu’il n’y a pas de place, j’essaie encore et encore mais il n’y a pas de réponse, j’ai décidé d’arrêter d’appeler.

    Depuis 3 mois je suis dans une église, une église évangéliste qui héberge des personnes sans solution. Nous sommes plus de 20 personnes dormant là bas. C’est tout petit.

    [nda. Nous demandons à Monsieur s’il a rencontré l’OFII, il nous dit que non. Il ne sait pas ce que c’est… Nous lui expliquons qu’il les a rencontré en février 2017 à son passage au GUDA et que c’est eux qui donnent la carte pour l’Allocation pour Demandeurs d’Asile (ADA), il pensait que c’était la Préfecture. ]

    Cette semaine j’ai fait mon récit OFPRA à la Plateforme, ils l’ont envoyé à Paris. J’attends pour l’enregistrement.

    Mon plus gros problème aujourd’hui c’est un endroit où vivre.

    [nda. Quand nous lui demandons s’ils est sur la liste des CADA, il ne sait pas ce que c’est… nous lui expliquons. il n’a pas re-rencontré l’OFII depuis son passage en procédure normale.]

    S’ils me donnent un appartement je serais bien.. c’est le plus important….